À l'instar d'Obélix, je suis tombée dans l'univers magique de la littérature dès mon plus jeune âge !

D'abord grâce à mon père qui me lisait "Bilbo le hobbit" avant d'aller dormir, puis grâce à ma mère qui m'a forcée à lire "Harry Potter à l'école des sorciers" avant d'aller au cinéma. Aujourd'hui, je partage avec vous ma passion pour les bouquins et autres adaptations...
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mardi 23 janvier 2018

Les histoires d'hommes transformés en bêtes sont universelles et veilles comme le monde. Loup-garous occidentaux, homme-guépard, chacal ou encore hyène africaine, homme-requin d'Océanie ou encore homme-lézard en Amérique du sud : ces transformations ont nourri l'imaginaire collectif et sont à l'origine de nombreux mythes et légendes. Ces métamorphoses sont très fréquentes dans la mythologie Grecque. Zeus s'est ainsi transformé en cygne pour séduire la ravissante Leda, épouse du roi de Sparte. De cette union naîtront Pollux et sa sœur la célèbre poire Belle Hélène. Cependant, le mythe à l'origine du conte qui nous intéresse dans cette chronique, est sans doute celui de Psyché : Princesse d'une grande beauté jalousée de la déesse Aphrodite condamnée a devenir l'épouse d'un monstre, qui nous est narré dans Les métamorphoses également connues sous le nom Amour et Psyché d'Apulée. Vous l'aurez compris : aujourd'hui il est question de La Belle & La Bête !
La Belle et la Bête : versus
Nous devons sa version la plus connue, datant de 1757, à Mme Leprince de Beaumont qui emprunte et récrit La Belle & La Bête à partir de la version très complète de Mme Gabrielle de Villeneuve (1740). L'objectif de Mme Leprince Beaumont est pédagogique. Elle souhaite divertir les élèves de son pensionnat tout en les instruisant et en leur inculquant des leçons de morale. C'est pourquoi, elle fit des coupes drastiques dans la version de Mme Gabrielle de Villeneuve comptant environ 150 pages pour ne garder que les éléments propres à faire passer cette leçon de morale. Le résultat ? Nous le connaissons tous ! Un petit conte pédagogique d'une vingtaine de pages. C'est de cette version que s'inspire la majorité des adaptations du conte

Petit tour du propriétaire


Aujourd'hui, deux adaptations de La Belle & La Bête sont à l'honneur avec une mention spéciale adressée à une troisième. Il s'agit du film du réalisateur Christophe Gans sortie dans les salles obscures en 2014 et de la comédie musicale sortie en mars 2017. Il est important de souligner pour la suite que cette dernière est, en fait, la version live action de la célèbre version animée de la souris aux grandes oreilles datant de 1991.

Les intentions de réalisation

Afin de se plonger pleinement dans l'univers d'un film, il me semble important de comprendre l'intention du réalisateur au moment de la création de ce dernier.

Dans le cas de Christophe Gans, l'objectif est de centrer son propos sur le personnage de la Bête, et plus particulièrement de remonter aux origines de sa malédiction. Pourquoi a-t-elle été puni ? Que lui est-il arrivé ? C'est autour de la malédiction de ce personnage que toute l'arborescence du film s'est construite ! Cette envie de Gans de remonter aux origines de la bête vient du fait qu'aucune adaptation du conte ne s'est attardée sur le sujet alors que le texte de Madame de Villeneuve s'étend au contraire sur la question. Il s'agit d'ailleurs dans le cadre de cette adaptation du texte de référence.

Pour ce qui est de Bill Condon, une question s'est immédiatement posée : « Pourquoi refaire un chef-d’œuvre ? » Pour lui, la réponse est la suivante : « La version de 2017, n'est pas un remake mais une adaptation du conte et du film de 1991 sous une nouvelle forme. ». L'objectif est donc double : proposer une autre approche du film d'origine et mettre en lumière des aspects non utilisés du texte de Mme Leprince de Beaumont dans la version de 1991.
La Belle et la Bête : versus

L'ambiance des films


Intéressons-nous maintenant à l'ambiance des films à travers quatre points : les décors, les costumes, la photographie et la musique. C'est parti les amis ! Nous allons les trouver, je sais qu'on peut y arriver !

Les décors de la version de Chritophe Gans sont à couper le souffle tout simplement ! Si la découverte du film au cinéma m'a laissée une aussi forte impression, c'est en très grande partie due au château de la Bête dans lequel vagabonde Belle. Il s'en dégage quelque chose de très poétique, proche du travail réalisé sur Laputa dans le sublime Château dans le ciel d'Hayao Miyhazaki. Étant une grande admiratrice de ce réalisateur japonais et de son univers, je ne pouvais que succomber face à la proposition de Gans ! Un autre aspect qui m'a immédiatement séduite : la magnificence des costumes, réalisés par le très talentueux Pierre-Yves Gayraud. Qu'il s'agisse des robes colorées de Belle offertes par la Bête (d'ailleurs restées célèbres chez les amateurs de costumes de films), des impressionnants costards de la Bête ou des tenues des courtisans, tous nous immergent un peu plus profondément dans l'univers proposé tout en dévoilant subtilement le caractère des personnages. Le travail de Christophe Beaucarne, directeur de la photographie, est également à saluer. Les jeux de lumière entre la morosité austère (quoique parsemée de puits de lumière) du château actuel et celui du passé luxueux de la Bête ne m'ont pas laissé indifférente ; tout en parvenant à créer une véritable patte visuelle. Enfin, sans être vraiment remarquable ou même mémorable, la bande originale du film composée par Pierre Adenot souligne et accompagne judicieusement les actions des personnages.
La Belle et la Bête : Christophe Gans moodboard

Les décors du Disney Live, sont également très beaux. Quelque chose d'assez artificiel se dégage toutefois de l'ensemble. Tout est lisse et manque cruellement de naturel ! Certains décors ne donnent pas l'impression d'être réellement habité comme la taverne par exemple, bien trop proprette et rangée. Seuls les jardins de la Bête parviennent à tirer leur épingle du jeu à mon sens. Il s'en dégage une beauté froide et surnaturelle qui sied au lieu. Les costumes (créés par Jacqueline Durran) sont extrêmement proches du film d'animation. Cependant, la revisite amène un vent de fraîcheur. De plus, quelques trouvailles sont remarquables comme le costard bigarré du prince dans la première scène ou encore la célèbre robe jaune réaccessoirisée pour l'occasion. J'ai également apprécié la revisite plus riches en détail que l'originale de la robe bleue de Belle. Il y a un grand contraste entre les lumières du village extrêmement vives et celles du château plus ternes et menaçantes. Il convient de souligner que plus la romance entre les deux protagonistes principaux avance, plus la luminosité du château s'adoucit. Mis à part cet élément, le travail de Tobias A. Schliessler est plutôt classique et sans grande inventivité. Si un élément se démarque vraiment dans l'ambiance du film, c'est bien la musique. Encore heureux me diriez-vous puisqu'il s'agit d'une comédie musicale ! Composée par Alan Menken, la bande originale du film est magnifique et reste longtemps en mémoire. Si la plupart des morceaux sont des reprises légèrement arrangées du dessin animé de 1991, d'autres comme Evermore, Days in the sun ou How does a moment last for ever sont des créations originales. Les nombreuses chansons du film étant interprétées par le casting de ce dernier, il est grand temps de passer aux acteurs !
La Belle et la Bête Disney 2017 : moodboard

Place aux acteurs


Et là, rien à dire, les chansons du film les nouvelles comme les anciennes sont interprétées par un casting Quatre Étoiles !

Si certaines comme Emma Watson ou encore Emma Thompson poussent agréablement la chansonnette sans offrir des performances vraiment remarquables, certains notamment Luke Evans et Josh Gad issus des planches de Broadway tirent vraiment leurs épingles du jeu. J'accorde également une mention spéciale à Dan Stevens pour son interprétation de Evermore. Le bas blesse malheureusement, dans la direction des acteurs qui offrent au mieux un jeu lisse sans réelle profondeur et au pire une performance cartoonesque malaisante. Il convient cependant de préciser que le malaise vient aussi du fait que la technologie utilisée pour donner la vie aux personnage de Lumière, Big Ben ou Madame Samovar ne convint pas.

Le casting est également de qualité chez Christophe Gans. Les acteurs offrent tous de bonnes performances à l'exception des sœurs de Belle un peu trop hystérique à mon goût. Quant à Léa Seydou sa proposition manque un peu d'aspérités et de diversité pour convaincre pleinement malgré sa justesse d'interprétation. La mention spéciale revient à Vincent Cassel qui livre une performance toute en nuances du personnage mythique. Malgré cela, la complicité et l'amour de la Belle & la Bête ne sont pas vraiment crédibles. Il manque un petit quelque chose dans la narration ou le jeu des acteurs pour vraiment viser juste. C'est à mon avis de défaut principal de cette adaptation. 

Le jeux des 5 ressemblances et de la différence

Fidèle au conte ?


Qui dit adaptation dit œuvre de référence, dans le cas des films présentés ci-dessus, ils ne sont pas (nous l'avons souligné plus haut) adapté des mêmes œuvres. L'adaptation de Christophe Gans se base sur le texte de Madame de Villeneuve et sur le film de Jean Cocteau datant de 1946. Quant à celle de Bill Condon, elle est pensée comme une adaptation du conte de Madame Leprince de Beaumont inspirée de la version animée de 1991. Le résultat ? Deux histoires originales très éloignées de leur texte de référence.
La Belle et la Bête : versus

Troublantes similitudes


Nous venons de le souligner, les deux adaptations sont éloignés de leur œuvres de références mais sont-elles pour autant infidèles à l'esprit du conte ? Pour éclaircir ce point, il convient de s'attarder sur des moments clés de l'intrigue présent dans les deux versions du contes mais aussi dans presque toutes ses adaptations.

Tout part de la demande que fait Belle à son père de lui ramener une rose, fleur au combien emblématique ! Rose que ce dernier ira voler dans le jardin de la bête, conduisant Belle prise d'un sentiment de culpabilité à se sacrifier pour son père et à demeurer au-pré de la Bête. Ce conte est un récit initiatique retraçant le passage de l'état de fille à celui de femme pour la Belle et la quête de la rédemption pour la Bête. Le symbole de la rose est d'autant plus fort dans l'adaptation de Disney puisque la chute de pétale de la rose représente le temps restant attribué à la Bête pour se faire aimer et donc se repentir.
La belle et la bête : symbolique de la rose

Les jeux de miroirs sont aussi une thématique importante des deux textes d'origines reprise dans les deux films. Dans le conte de Madame de Villeneuve, le miroir permet à la Bête d'espionner Belle, dans le film de Gans les miroirs permettent à Belle lorsqu'elle rêvent d'explorer le passé de la Bête, quant aux versions de Disney, la Bête offre un miroir à la Belle afin qu'elle puisse voir son père. Tous ses miroirs ont le point commun de ne servir qu'à voir l'autre et non pas son propre reflet. D'après Sandy de l'excellente chaîne Le Carnet Enchanté, cela révèle un message caché du conte à savoir que l'humain ne semble être défini que par l'image qu'il revoit en société et non pas pour ce qu'il est vraiment. Cela concorde avec la morale de cette histoire nous invite à apprendre à voir au delà des apparences.
La belle et la bête : symbolique des miroirs
Enfin, dans les contes ainsi que dans les adaptations dont il est question ici, la Belle retourne toujours chez son père au moment ou elle commence à éprouver des sentiments pour la Bête. Ce retour chez le père se conclut toujours par un retour consenti et non contraint au château de la Bête. Ce retour chez le père dont Belle est extrêmement proche permet à cette dernière de renoncer à son Œdipe et à accepter la Bête comme modèle de masculinité. Cette étape clés marque l'entrée de Belle dans sa vie de femme. Chez Christophe Gans tout comme chez Bill Condon, le retour chez la Bête à pour objectif de le sauver d'une attaque mener dans un cas par des brigands et dans l'autre par des villageois avec la même conclusion : l’aveu des sentiments de Belle à la Bête.
La belle et la bête : symbolique du retour chez le père

Le respect de ses trois étapes essentiel à la transmission du message du conte sont respecté dans ces adaptations qui sont donc fidèle à l'esprit des textes d'origines.

Malgré ce constat, les deux œuvres sont loin d'être de la même qualité. Ainsi, la version live action de 2017 n'est qu'une pâle copie malaisante du chef-d’œuvre qu'est la version animée de 1991. Elle n'est digne d'intérêt que pour quelques performances vocales notables ainsi que pour le plaisir Proustien de redécouvrir sous une nouvelle forme une œuvre ayant marqué l'enfance de nombre d'entre nous. La version de Christophe Gans a le mérite de vraiment revisiter se conte et d'offrir une réelle proposition de réinterprétation du conte, ce qui en fait à mon sens une bonne adaptation. Certes, cette version n'est pas exempte de tout défaut, mais vous ne pourrez que passer un bon moment devant la magnificence des décors et des costumes ! Bref, foncez afin de vous faire votre propre opinion.

Merci à Sandy pour son excellente vidéo : « Du conte àl'écran EP02 : La Belle et la Bête » qui m'a inspirée cette chronique.
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samedi 9 juillet 2016

Apocalypse, ère glaciaire et guerre nucléaire ! Telles sont les situations initiales des œuvres dont nous allons parler dans cet article. La première est une série de trois romans américains mondialement connue depuis son adaptation en quatre films sur grand écran entre 2012 et 2015 : Hunger Games. La deuxième est un comics français qui a eu droit à son adaptation cinématographique en 2013 : Snowpiercer.
 
Hunger Games VS Snowpiercer

Les histoires en bref


Hunger Games

Après une guerre nucléaire mondiale les survivants recommencent une vie sur les restes des États-Unis divisés en 13 districts dans un pays appelé Panem. Ce pays est dirigé par la main de fer du président Snow qui écrasera une première révolte en détruisant le district 13 à l'origine de cette dernière. Afin que le peuple se rappelle de ce qui arrive lorsque l'on tente de se dresser contre le pouvoir en place, les Hunger Games sont créés. Tous les ans, les 12 districts restants doivent fournir une fille et un garçon âgé entre 12 et 18 ans pour participer aux jeux. Le principe est simple, les adolescents sont tous mis dans une arène pour s'y entre-tuer. Le gagnant est le dernier survivant. Lorsque le nom de sa sœur est tiré au sort, Katniss se porte volontaire pour prendre sa place lors des prochains Hunger Games. 

Katniss - I volunteer


Snowpiercer

En 2014, des scientifiques mettent au point un produit nommé CW7 permettant d'endiguer le réchauffement climatique. Malheureusement, le produit provoque une ère glaciaire condamnant l'humanité à mourir lentement de froid. Les derniers survivants sont regroupés dans un train gigantesque appelé "snowpiercer", le transperce-neige en français. L'histoire commence 17 ans après le départ du train en 2031. Dans ce microcosme de métal contenant le reste de l'humanité régne un système de classes contre lequel les habitants de l'arrière du train "les queutards" menés par Curtis vont se révolter. Pour ce faire, ils vont tout tenter pour rejoindre l'avant du train.


Récit dystopique et autres similitudes


Il était une dystopie

En plus d'être des œuvres post-apocalyptiques, Hunger Games et Snowpiercer sont des dystopies. C'est à dire que les récits se passent dans des sociétés très difficiles à vivre régies par un pouvoir totalitaire ou une idéologie néfaste (merci le Larousse). 

L'objectif du genre littéraire dystopique est de faire se questionner le lecteur sur des questions sociales en poussant à l'extrême un des vices de notre société. De fait, je vous le donne en mille : pouvoir totalitaire + questionnement sur notre société = lutte des classes. 

Les œuvres nous relatent l'histoire de héros (Curtis et Katniss) qui se révolte contre le régime en place. Curtis va lancer une insurrection pour quitter l'arrière du train tandis que Katniss et le symbole du geai moqueur deviendront l'allégorie de la révolution qui enflamme Panem. Les deux récits sont donc des critiques de la société de classes au sens Marxiste du terme. 

Lutte des classes - Karl Marx

Entre grisaille et luxe

La symbolique des lieux est également très similaire dans les deux œuvres. Ainsi le wagon de queue et le district 12 sont très semblables, tant par la rudesse des conditions de vie que par la couleur qui y domine : tout y est gris et sale. À l'inverse, les wagons de première classe de même que le Capitole sont chatoyants et bariolés. 

Ce contraste sert à déboussoler le spectateur qui est ainsi autant perdu que nos héros, lorsqu'ils arrivent dans ces lieux qui leur sont inconnus. L'étalage du luxe des wagons de tête et du Capitole permet aussi aux lecteurs/spectateurs de mieux ressentir l'injustice dont ont été victime les personnages pendant toutes leurs vies. Ce procédé créé donc de l'empathie et de l'attachement à l'égard des personnages qui nous suivons.

Hunger Games / Snowpiercer : similitude des lieux

Dictateurs & co

Les similitudes entre les œuvres ne s'arrêtent pas là. En effet, le président Snow et Wilford le créateur du train se ressemble beaucoup. En effet, tous deux sont convaincus d'agir pour le bien de l'humanité et souhaitent que chacun reste à la place que lui a été assignée afin que le système puisse perdurer.

Dictateurs & co
Mais alors, me diriez-vous si ces œuvres sont tellement similaires l'une doit forcément être meilleure que l'autre ? La réponse à cette question, cher lecteur attentif, est non. Non, aucune de ses œuvres n'est objectivement meilleure que l'autre. Et j'ajouterai même qu'elles ne sont pas si similaires que cela pour les raisons qui vont suivre.

Divergences de message


Hunger-Game

Les Hunger Games étant retransmis en direct à la télévision et la population forcée de les regarder sont un système de manipulation des masses par les médias. De plus, après leur victoire les vainqueurs des Hungers Games deviennent des stars médiatisées mais surtout utilisées par le président snow pour transmettre des messages et continuer même en dehors des jeux à manipuler la population. Katniss elle-même est constamment manipulée par les organisateurs des Hunger Games, le président Snow, les leaders de la rébellion... 

L'ensemble de l'oeuvre est une critique de notre système médiatique et de ses dérives. Le lecteur est encouragé à penser par lui-même. Les Hunger Game spectacle cruel par excellence font écho à nos journaux télévisés mais surtout aux chaînes d'information 24h/24 qui tendent à verser dans le toujours plus sensationnel pour maintenir notre attention voire manipuler l'opinion publique. 

Réflexion sur le système médiatique

Snowpiercer (ce paragraphe est une zone de spoil)

De son côté, Snowpiercer est une réflexion sur l'humanité dans son ensemble et sur la volonté de l'homme à toujours vouloir avancer et de ne jamais se satisfaire de sa condition. Dans le scénario, cette idée est matérialisée par le fait que les personnages se déplacent physiquement de l'arrière vers l'avant du train. Les héros veulent s'émanciper de leur condition qui ne les satisfait plus. Ils souhaitent une chance de s'élever et d'avancer dans la vie. Ce désir d'avancer et de ne pas se satisfaire de sa condition mène à la destruction du train et pousse donc le spectateur à se questionner sur le désir de l'homme de continuer à s’élever scientifiquement, socialement et moralement. Ce désir est-il légitime ? Doit-on toujours chercher à s'élever peu importe le prix ?

Réflexion sur le désir de s'élever
Cachées sous un même emballage, ces deux œuvres ont donc des raisons d'être différentes. Bien qu'elles nous poussent toutes deux à la réflexion, elles ne nous encouragent pas à nous questionner sur les mêmes sujets. Quoi qu'il en soit, si ce n'est pas déjà fait, je vous encourage à lire Hunger Games et visionner Snowpiercer. 

Hunger Games

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jeudi 28 avril 2016


Tolstoï ! Le romancier de tous les superlatifs. Auteur d’œuvres grandioses tant par la taille des ouvrages en eux-même que sur le plan émotionnel.

Personnellement, son nom m'évoque l'hiver, les veillées au coin du feu, le faste des bals d’antan, les splendeurs de Moscou et Saint-Pétersbourg, le Père Noël tout de rouge vêtu, les hussards tout de bleu vêtus, mais surtout des heures de lecture passionnées. Pour d'autres, ce nom est bien souvent synonyme de pavés de 1600 pages indigestes biens utiles pour caler une vieille armoire bringuebalante !

Et c'est là que la magie des mini-séries si chères à mon cœur entre en scène. Les non amateurs de lecture n'ont plus qu'à se caler douillettement dans leur canapé sous un gros plaid avec une tasse de thé chaud entre les mains pour découvrir les yeux mouillés par l'émotion le chef-d’œuvre de Tolstoï : Guerre & Paix.

Et le bonus ? Ce n'est pas le choix qui manque puisque le livre a été adapté de nombreuses fois avec plus ou moins de réussite. C'est justement pour cela qu'aujourd'hui, je vais comparer sous vos yeux ébahis la mini-série de 2007 coproduite par moult chaînes européennes et celle de la BBC de 2015 dont la diffusion s'est achevée en janvier dernier.

Mini-séries Guerre & Paix FIGHT !

Premier round : les challengers


La mini-série de 2007 est une coproduction franco-italo-allemande réalisée par le très autrichien Robert Dornhelm. Quant aux scénaristes, il s'agit de l'oscarisé Enrico Medioli. Le projet fruit du financement d'une dizaine de chaînes européennes a bénéficié des technologies cinématographiques les plus avancées de l'époque grâce à son budget de 25 millions d'euros !

Outre manche, la BBC n'est pas en reste puisque des pointures sont à la barre avec Andrew Davis connu pour son adaptation d'Orgueil et Préjugés au scénario, et le très jeune mais néanmoins prometteur Tom Harper à la réalisation. Si le budget total de la série n'est pas connu, nul doute que la célèbre chaîne n'ai vendu les rennes du Père Noël à un prix exorbitant mis les petits plats dans les grands pour que la série puisse voir le jour.

À l'issue du premier round, les deux challengers se regardent en chien de faïence sans vraiment oser entamer les hostilités !

Deuxième round : l'ambiance


La splendeur de la Russie tsariste du début du XIXème siècle se dégage des deux challengers. Les deux séries ont été tourné en Europe de l'est (Russie/Lituanie) et ont obtenu l'autorisation de tourner la scène du bal impérial au Palais d'Hiver de Saint-Pétersbourg. Bien entendu, les costumes sont magnifiques. D'un côté comme de l'autre, corsets, chapeaux, manteaux de fourrure, broderies et autres breloques scintillantes sont de sortis.

Côté musique, la BBC fait le choix de la musique classique tandis que la mini-série de 2007 bénéficie d'une bande originale composée par Jan A.P. Kaczmarek. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est sublimissime ! C'est un coup sévère pour l'adaptation de la BBC dont les thèmes musicaux ne restent pas en tête malgré le travail de Martin Phipps.

Le constat est similaire pour les génériques. Tandis que la BBC joue la carte de la sobriété pour un résultat plutôt plat, la mini-série de 2007 offre un petit bijoux dont on se souvient longtemps principalement pour sa musique. Comment-ça, je ne suis pas fair play ? Jugez plutôt :

#1 Générique de la BBC (2015)


#2 Générique mini-série 2007


À l'image de son générique, un souffle romanesque et épique se dégage de l'adaptation de 2007 tandis que la BBC nous offre une vision plus brute, voire réaliste de l’œuvre de Tolstoï.

Troisième round : le casting

Que ce soit outre manche ou sur le vieux continent, le casting est royal. Les acteurs nous offrent une palette de jeu tout en nuances. Il est cependant possible de chipoter en affirmant que Clémence Poésy qui incarne Natasha Rostov surjoue un tantinet dans le premier épisode de la mini-série de 2007 tandis que Lily James pour la BBC offre une interprétation juste tout au long des épisodes. Enfin, les amateurs d'anecdotes que vous êtes seront ravis d'apprendre que le casting de la mini-série de 2007 est composé d'acteurs venant des 4 coins de l'Europe (Italie, Russie, Allemagne, Roumanie, France etc.).

Guerre & Paix // Prince Andreï Bolkonsky version 2007/2015
Prince Andreï Bolkonsky // Version 2007 à gauche et 2015 à droite

Guerre & Paix // Natacha Rostov version 2007/2015
Natacha Rostov // Version 2007 à gauche et 2015 à droite



Guerre & Paix // Pierre Besoukhov version 2007/2015
Pierre Besoukhov // Version 2007 à gauche et 2015 à droite






































































Quatrième round : l’accueil du public

La mini-série de 2007 a connu un accueil très chaleureux notamment en France et en Russie avec près de 25% de part d'audience lors de sa première diffusion.

Quant à la version BBC, elle reçue un accueil plus mitigé. La raison ? Une scène d'inceste entre le frère et la sœur Kouraguine n'existant pas dans le roman. 

Cercei & Jaime #inceste
Il n'en fallut pas plus pour enflammer la toile et provoquer la grogne des fans et autres experts de Tolstoï comme en témoigne cet articleMalgré la polémique, la série réussi à trouver son public aux Royaume-Uni mais fit scandale en Russie.
Round final : l'heure du bilan

Malgré les déboires qu'a pu connaître la série de la BBC à sa sortie, elle n'en reste pas moins d'une grande qualité. Cependant, son aspect trop brute et réaliste ne laisse que peu de place à l'attachement pour les personnages. Résultat ? L'émotion ne passe pas ! C'est le K.O pour la BBC !

La grande gagnante est donc la mini-série de 2007. Malgré quelques imperfections dans le jeu de Clémence Poésy l'émotion est là. La série prend aux tripes et emporte tout sur son passage ! Alors, vous laisserez-vous tenter ? 


Challenge XIX

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